Depuis plusieurs semaines des supporteurs des Lions du Sénégal sacrés Champions d’Afrique au Maroc dorment dans les prisons de Rabat. Dans on ne sait, quelles conditions ? De façon ubuesque, lâche, ils ont été interpellés violemment au stade et conduits manu militari dans les locaux de la sécurité du pays hôte… Depuis, leur existence est rythmée par des allers et retours sans fin, entre la prison et le tribunal…
Conscients qu’ils vont vers un procès inéquitable et peu probable d’être juste, ils ont d’abord entamé une grève de la faim, puis pris le parti de ne pas participer à la mascarade programmée pour décider de leur sort. Déjà, ils sont en train de purger une peine sans être condamnés, car leur avocat ne peut même introduire une demande de mise en liberté provisoire. Pis, jusqu’à présent, on ne leur a pas notifié les chefs d’accusation. La partie marocaine fait dans le dilatoire.
Malgré cette situation pénible, on a comme l’impression que ces supporteurs détenus à Rabat sont laissés à eux-mêmes. La défense n’est pas suffisamment et solidement constituée. Le Sénégal gagnerait à renforcer le pool d’avocats pour tirer d’affaire ces vaillants individus qui ont fait montre d’une témérité sans commune mesure pour défendre les couleurs nationales au même titre que Pape Thiaw et son équipe.
Ils doivent avoir les mêmes honneurs que ce qui sont offerts à la jeune comme des modèles de résilience et de courage, à défauts nous leur devons assistance. « On nous tue, on ne nous déshonore pas » dit-on… Ces supporteurs ont incarné ces valeurs jusqu’au bout, face une meute de flics déchainés…
Une tournée et des questions…
Pendant ce temps on se pavane avec un trophée baigné dans les larmes et les souffrances de fils du pays «embastillés» et laissés pour compte à Rabat bien loin de la ripaille et de la graille d’un festin au goût amer pour les groupes de supporteurs.
Depuis lors la Fédération sénégalaise de football (FSF) n’est préoccupée que par une tournée à travers quelques localités du pays dit-on pour présenter le trophée aux sénégalais de l’intérieur du pays. Une très bonne chose certes, mais qui n’a aucun caractère urgent. On devrait avoir le scrupule d’attendre le retour de nos vaillants soldats pour exposer le trophée dignement remporté sur une terre hostile, le temps d’un match de football.
Cette manne financière qui est mobilisée pour festoyer sur le bitume sénégalais (véhicules, carburant, hébergement, prise en charge des missionnaires, alimentation, mobilisation des ligues et autre animations), aurait pu aider à une bien meilleure prise en charge des supporteurs restés à Rabat.
La FSF doit se ressaisir … et ne doit pas se tromper de priorités. Aujourd’hui, le seul mot d’ordre qui vaille est la «Libération» des supporteurs qui croupissent dans les geôles marocaines. Le temps presse. Les rigueurs carcérales sont atroces, quand on se sent délaissé et laissé à son propre compte. La FSF doit se remobiliser aux côtés des avocats sénégalais qui semblent ne pas avoir suffisamment de leviers contre le comportement des autorités marocaines en charge du dossier. C’est à ce prix seulement que le salut, sera. Le président doit se précipiter à Rabat comme il l’avait fait au lendemain de son élection pour dit-il rendre visite à son «ami», Fouzi Lekjaa, son homologue du Maroc. C’est peut-être là, le début des solutions. Ce qui permettrait d’apaiser le climat délétère entre les deux pays dont les liens séculaires ne sont plus à démontrer.
Le mouvement associatif aussi doit monter au créneau pour apporter son soutien et faire pression sur les autorités du sport pour leur rappeler leur mission. Pour l’heure seul Teungueth FC s’est solidarisé des détenus par le billet d’une lettre de compassions…
Le silence assourdissant du ministère des sports qui les avait convoyés et missionnés, pose problème. Aucune communication n’est faite, aucune action connue menée. La bonne attitude en de pareilles circonstances serait de déplacer un comité mixte comme lors des missions de prospection pour mener des démarches diplomatiques et décanter cette situation malheureuse. D’autant que le récent voyage du Premier ministre n’a pas pour le moment servi à grand-chose… Après les discours, il y a toujours un travail à faire loin des paillettes … Ainsi, le ministère des Affaires étrangères doit activer ses leviers.
Les familles de supporters emprisonnés et leurs parents doivent être rassurés et tenus officiellement des avancées du dossier. Si besoin en est, ils doivent être assistés à tout point de vue.
Pour la symbolique la coupe devrait faire un tour chez la famille de la disparue (Absa Faye)… Une manière d’honorer la mémoire de tous les férus de football rappelés à Dieu.
Alioune Badara FALL (ABF)
Journaliste à Futurs Médias
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